Informations glanŽes dans la presse
Mouillage sauvage. Les marins voient rouge
Henri Martinerie
et Michel Petit, respectivement prŽsident et vice-prŽsident de l'Union des
associations de marins du Morbihan *, ne dŽcolrent pas. Plus de 300 de leurs
adhŽrents ont ŽtŽ contr™lŽs, au cours de l'ŽtŽ 2010, par les Affaires
maritimes, sur leur lieu de mouillage, dans le secteur de Belle-Ile-en-Mer.
Un an aprs, plusieurs d'entre eux viennent de recevoir une lettre Žmanant de
la Direction dŽpartementale des territoires et de la mer (DDTM) leur rŽclamant
des amendes allant de 105 Û ˆ 2.000 Û, payables dans le mois qui suit la
rŽception de la missive. Motif invoquŽ: ÇMouillage sans autorisation d'une
embarcationÈ. ÇDans le courrier, il n'est fait rŽfŽrence ˆ aucun texte de loi
qui rŽgit les mouillages. De plus, les destinataires ne sont ni informŽs de
leurs droits ni des voies de recours possiblesÈ, s'insurge Henri Martinerie. ÇIl y a lˆ, un abus de pouvoirÈ.
Des Žclaircissements nŽcessaires
Une autre affaire met hors de ses gonds l'Unam. Un pcheur plaisancier de Baden a ŽtŽ verbalisŽ, en
aožt 2010, ˆ Houat, toujours pour ÇMouillage sans autorisation d'une
embarcationÈ. Le contrevenant a Žcrit ˆ la DDTM pour se dŽfendre. ÇIl vient
d'avoir la rŽponse. Les autoritŽs l'exonrent de payer l'amende pour la bonne
et simple raison qu'il paye un mouillage officiel ˆ Baden. Mais tous les
marins, ˆ quelques trs rares exceptions, sont dans le mme cas que luiÈ,
tempte Michel Petit. ÇSi l'on exige des marins qu'ils aient ˆ leur bord une
ancre, c'est bien pour leur permettre de mouiller temporairement dans un
endroit qui n'est pas forcŽment leur port d'attacheÈ. Face au flou ambiant, l'Unam exige des rŽponses prŽcises. ÇSi la loi sur les
mouillages a ŽvoluŽ, qu'on nous le dise!È, lance Henri Martinerie
qui vient d'Žcrire au prŽfet maritime. ÇQuoi qu'il advienne, nous irons aussi
loin que possible pour faire valoir nos droitsÈ.
*37 associations dans le Morbihan, soit 4.500 adhŽrents ˆ
jour de leur cotisation.
Yann Le Scornet
Mouillages. La grogne monte chez les plaisanciers
Depuis une semaine, la grogne monte chez les utilisateurs de mouillages
forains. 306 plaisanciers ont reu un commandement de payer pour la place
occupŽe par leur bateau sur le domaine maritime. Depuis des gŽnŽrations,
mouiller dans les criques ou aux abords des plages est un acquis de fait. Les
canots sont, pour le temps de la belle saison, amarrŽs ˆ un mouillage: ˆ
l'ancre ou sur corps-mort. Eh bien c'est chose diffŽrente ˆ prŽsent, puisque la
Direction dŽpartementale des territoires et de la mer (DDTM) rŽclame dŽsormais
une redevance pour cette occupation.
De 105 ˆ 2.000Û
La rŽglementation applicable
affirme en effet que Çtout mouillage saisonnier ou permanent doit tre autorisŽ
(...), et tout mouillage sur corps-mort ou sur ancre constitue une occupation
du domaine publicÈ, indique le prospectus d'information prŽfectorale. Les
tarifs varient selon la taille du bateau, avec un minimum forfaitaire de 105 Û.
Cela peut monter ˆ plus de 2.000 Û pour les vedettes commerciales. Du c™tŽ des
utilisateurs, l'incomprŽhension est totale: ÇLa manire de faire est
incomprŽhensible. Un constat est Žtabli en septembre2010, apparemment, et nous
recevons un avis de paiement un an aprs. Je mouille avec une ancre, je suis
donc en dehors de la rŽglementation d'occupationÈ, indique Michel Fouquet,
plaisancier depuis 42ans. ÇJe veux juste qu'on m'explique pourquoi, ajoute ce
mme navigateur de Locmaria. C'est d'un ridicule
achevŽ!È Ë Le Palais, Jean Daumas-BŽdex est dŽterminŽ
ˆ ne pas payer, il a Žcrit ˆ la DDTM, au prŽfet ainsi qu'au dŽputŽ. Il ne
comprend pas, et ce, pour plusieurs raisons: ÇOn paye maintenant pour mettre
son bateau ˆ l'eau. C'est ˆ la fois discriminatoire et injuste. Non seulement
on assimile mouillage permanent et temporaire, mais la mŽthode est basŽe sur un
constat ˆ un moment donnŽ, indique le Palantin.
Quelle n'a pas ŽtŽ la surprise de dŽcouvrir la facture, sans information
prŽalable. Il s'agit d'un problme de principeÈ.
ÇTaxe ˆ tous les niveauxÈ
Ces deux cas ne sont pas isolŽs.
De nombreux autres ont communiquŽ leur mŽcontentement. La question devient mme
politique pour certains, lorsqu'ils Žvoquent l'Žlection prŽsidentielle de 2012
ou la crise: ÇOn taxe ˆ tous les niveaux!È
Le maire de
Bangor Çdemande le gel des paiementsÈ
Comme dans toutes les mairies de
l'”le, le maire de Bangor a reu de nombreuses plaintes. Pour Pierre-Yves DŽsard, les gens ne comprennent pas cette situation: ÇLes
mouillages fonctionnent tout seul depuis des gŽnŽrations et se transmettent
parfois de pre en fils. Recevoir comme cela une rŽgularisation sans aucune
indication, c'est un peu fortÈ, indique-t-il. Face ˆ la grogne montante, le
maire a dŽcidŽ de geler les paiements. Il invite les plaisanciers utilisateurs
d'un mouillage forain ˆ remettre en mairie le commandement de payer. ÇJe
rŽcupre tous les avis de paiement et les envoie aux Affaires maritimes. Nous
verrons aprs. J'ai organisŽ, de concert avec les services de l'ƒtat, une
rŽunion d'information auprs des usagers dŽbut octobreÈ. C™tŽ DDTM, le maire
avance que le malaise est rŽel: ÇUn responsable reconna”t un manque de
communicationÈ. Si le droit en la matire existe, le maire regrette la mŽthode:
ÇCe droit n'avait jamais ŽtŽ appliquŽ auparavant. Certains veulent bien payer,
mais pas dans ces conditions. Je me suis mme entretenu avec quelqu'un qui a
reu un avis de paiement alors que son bateau est restŽ dans son jardinÈ.
La DDTM, seule responsable
Le premier adjoint de la commune, Philippe Viard,
anticipe: ÇIl n'est pas envisageable que la commune rŽcupre cette gestion,
nous n'avons pas les moyens matŽriels et humainsÈ, prŽcise-t-il. Ë la mairie de
Le Palais, l'adjoint au port, Patrick Le Pelletier-Boisseau,
indique pour sa part: ÇEn aucun cas, la commune n'est intervenue pour
comptabiliser ou facturer les occupations. Cela incombe uniquement ˆ la DDTMÈ.
OUEST-France
DU 15 OCTOBRE
306 plaisanciers rappelŽs ˆ l'ordre
Ils devront payer pour la place
occupŽe par leur bateau sur le domaine maritime ˆ Houat et Belle-Ile.
Ç C'est
un abus de pouvoir de l'administration ! È Henri Martinerie, prŽsident de l'Union nationale des associations
de navigateurs (Unan) du Morbihan, et Michel Petit,
vice-prŽsident, n'y vont pas par quatre chemins. Ils viennent de prendre la
direction du mouvement de grogne des plaisanciers ayant frŽquentŽ les c™tes de Belle-Ile et de Houat de juillet ˆ septembre 2010.
306 d'entre
eux ont reu ces trois derniers mois, soit un an aprs avoir mouillŽ lˆ-bas,
une lettre de la Direction dŽpartementale des territoires et de la mer (DDTM),
constatant qu'ils mouillaient sans autorisation le long des plages. Ç Mais
aucune loi n'est invoquŽe dans ces courriers. Or, jusqu'ˆ preuve du contraire,
l'espace public maritime est ouvert ˆ tous È, temptent-ils.
Ce qui met
les plaisanciers hors d'eux, c'est que l'ƒtat leur rŽclame de 105 ˆ
2 000 Û pour la place occupŽe. Rien d'extraordinaire selon la DDTM,
qui se dŽfend d'avoir mis des amendes. Ç Il n'y a rien de rŽpressif
dans notre dŽmarche, explique Jean-Luc Veille, administrateur des Affaires
maritimes, dŽlŽguŽ ˆ la mer, et directeur adjoint de la DDTM. Il s'agit
simplement d'une rŽgularisation. On ne leur rŽclame que ce qu'ils auraient payŽ
s'ils avaient mouillŽ dans une zone de mouillage autorisŽe. È
Car c'est
bien lˆ le problme. Depuis plusieurs dŽcennies, mouiller dans les criques ou
aux abords des plages est pour beaucoup un droit. Les bateaux restent, pendant
toute la belle saison, amarrŽs ˆ un mouillage : ˆ l'ancre ou sur un
corps-mort. Un abus, selon l'administration, pour qui seul le mouillage de
quelques jours est autorisŽ.
Ç Il
est possible que dans les constats rŽalisŽs, des bateaux de passage aient ŽtŽ ˆ
tort rŽpertoriŽs. Dans ce cas, ils peuvent demander un recours gracieux qui
sera examinŽ avec toute notre attention È, rassure Jean-Luc Veille.
Et de relativiser : Ç Cette situation peut
dŽboucher sur quelque chose de positif. S'il y a une concentration de bateaux ˆ
certains endroits, c'est qu'il existe des besoins. Il est alors peut-tre
possible de crŽer de nouvelles zones de mouillages ˆ condition, bien sžr,
qu'elles ne se trouvent pas en zones protŽgŽes. È
La DDTM s'apprtent, dans les prochaines semaines, ˆ
rencontrer les Žlus locaux sur ce sujet-lˆ.
Lionel CABIOCH.