HOME LIBRE, TOUJOURS TU CHERIRAS LA TERRE !

 

 

On nous a prŽsentŽ cet Ç home È comme le chef-dĠoeuvre cinŽmatographique.

Le rŽalisateur Yann-Arthus Bertrand que lĠon aperoit de temps ˆ autre dans les

mŽdias ou sur les plateaux tŽlŽ, rŽfugiŽ piteusement derrire le micro, nĠest pourtant pas un foudre de guerre , encore moins un leader charismatique attachŽ ˆ la dŽfense de lĠenvironnement planŽtaire. Une fois encore, il nous a montrŽ de belles images dĠEpinal, certes, mais plut™t ripolinŽes, sŽlectionnŽes, triŽes, bref, tout est merveilleux dans le meilleur des mondes, surtout loin de lĠhexagone !

Le danger nĠest pas ici mais ailleurs bien sžr ! surtout pas en France, ni mme en Bretagne. Le rŽalisateur sponsorisŽ par Pinault fils ne manque pas de remercier ds le dŽbut de ce film son gŽnŽreux mŽcne surfant sur la vague douteuse actuelle du dŽveloppement durable, cache- misre servant ˆ relifter en vert chantiers colossaux futurs et plŽthore dĠadjoints en mal de reconnaissance populaire ou municipale. Fidle ˆ son engagement feutrŽ, Yann-Arthus Bertrand reste campŽ sur la mme ligne verte ˆ ne pas franchir :

Une image dŽmarquŽe, soldŽe dirions-nous, reflet pitoyable dĠune sociŽtŽ amorphe, sans rŽactions. Ne pas faire de vague sur les plateaux tŽlŽ, ne pas Žlever la voix pour protester un tantinet, bref ne rien dire de dŽplacŽ. Il reste bien sage dans son fauteuil, aimable avec tout le monde. Un modle du genre ! Le gendre idŽal pour un Žventuel beau-papa fŽru dĠart abstrait !

Il nous fait penser ˆ ces skippers aux blousons transformŽs en vente ambulante pour mŽcnes et pacotilles dĠaccastillage, roulant des mŽcaniques rallongŽes et carbonŽes devant les bobos dŽgriffŽs, plantŽs sur les pontons du VendŽe Globe.

Ces skippers incapables de protester le moins du monde contre la prolifŽration anarchique des ports de plaisance sur tout le littoral.

Ainsi donc peu importe que les glaciers fondent ˆ une allure vertigineuse depuis cinq ou six ans, que lĠeau se rarŽfie ˆ lĠŽchelon mondial, pas gnant que mme en Bretagne, en Corse ou en VendŽe, on privatise notre littoral, dŽtruisant ˆ jamais des paysages et ports de nos anctres. Du moment que lĠon se fait de lĠargent gr‰ce au tourisme despotique.

LĠessentiel Žtant de nous montrer ce que lĠon veut bien nous soumettre : de bien beaux clichŽs, soft, cool, sortis dĠune plante nĠexistant dŽjˆ plus, et trs lointains, inspirŽs dĠune opŽrette ratŽe, ou dĠune comŽdie musicale au top du flop dont le titre pourrait tre :

Ç Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil È ou bien

Ç QuĠelle Žtait verte ma vallŽe sponsorisŽe È

 

                                                                                            YANN MOREL