LE JUGEMENT DU CONSEIL DĠƒTAT FERA JURISPRUDENCE

 

 

Il est reconnu que le Tribunal administratif de Rennes  a rendu son jugement au terme dĠune procŽdure irrŽgulire, comme lĠavaient dŽmontrŽ les deux Žlecteurs qui avaient adressŽ le recours au Conseil dĠŽtat. Le jugement est donc annulŽ.

 

Concernant le fond, sur le dŽpouillement, contrairement ˆ certaines jurisprudences, le conseil dĠŽtat  rejette la protestation puisque malgrŽ le non respect des dispositions relatives ˆ la configuration de la salle de dŽpouillement, aucune fraude nĠaurait ŽtŽ dŽmontrŽe.

 

Notre avocat, Ma”tre Matel,

Ç ne partage pas cette analyse, dans la mesure o seulement cinq voix ont sŽparŽ les deux premiers candidats et ce , aprs un nouveau comptage (ˆ Bangor – Palais nĠa pas recomptŽ les bulletins ni revŽrifiŽ les nuls).

Il estime que : Ç Le seuil informel de 5% dĠŽcart nĠayant pas ŽtŽ atteint, il y avait tout lieu de penser que la moindre irrŽgularitŽ pouvait tre de nature ˆ fausser les rŽsultats du scrutin. È
Ç Cette Žlection,
poursuit notre avocat, nĠaura donc tenu quĠˆ un cheveu, alors mme quĠun magistrat du T.A. avait conclu ˆ son annulation.
Enfin, le Conseil dĠEtat a tout de mme estimŽ que votre action nĠavait pas ŽtŽ dŽnuŽe de tout intŽrt, dans la mesure o il a rejetŽ la demande *  de condamnation formulŽe au titre de lĠarticle L. 761-1 du Code de Justice AdministrativeÉ. 
È

 

* M. Brien demandait 2 000 Û ˆ chacun des protestataires, sans compter le remboursement des frais de procŽdure.

 

Publication du rŽsumŽ dans Ç la semaine juridique È Ždition Ç administrations et collectivitŽs territoriales È nĦ 13 du 23 mars 2009.

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Rappel des faits

 

DEUX PROTESTATIONS ƒLECTORALES

 

ONT ƒTƒ ADRESSƒES AU TRIBUNAL ADMINISTRATIF

 

LĠune de la part de Jean Daumas-BŽdex,  lĠautre de  Jean-Claude Bridier, TOUS DEUX Ë TITRE DĠƒLECTEURS 

 

 

Elles sĠappuyaient en particulier sur les faits suivants :

 

1 - M. Brien avait distribuŽ le tract ci-dessous en 2500 exemplaires, dans les bo”tes aux lettres et en particulier ˆ la veille du scrutin aux clients des supermarchŽs et au marchŽ ce quĠinterdisaient les consignes donnŽes aux candidats.

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2 – M. Brien dans ce tract se donnait une Žtiquette politique, il disait maintenant avoir le soutien dĠun parti  alors que, dans ses professions de foi, il sĠŽtait prŽsentŽ comme un candidat Ç Pour Belle-Ile naturellement È donc implicitement comme un rassembleur, hors de toute appartenance politique.

 

 

3  -  LĠorganisation matŽrielle du dŽpouillement paraissait contestable.

 

 

4 - Le faible Žcart de voix : il suffisait que 3 Žlecteurs influencŽs aient dŽplacŽ leur vote pour faire basculer le rŽsultat.

 

 

LĠinstruction Žtait close le  22 avril 2008 ˆ 12h et lĠaudience fixŽe au 13 mai.

 

Lors de cette audience,  le commissaire au gouvernement, sĠappuyant sur lĠarticle R. 63 du Code Žlectoral et la jurisprudence du Conseil dĠŽtat, demandait lĠannulation de lĠŽlection cantonale.

 

Ouest-France, le 14 mai, exposait la question avec clartŽ.

Nous le citons :  

 

 

Les cantonales de Belle-Ile sur la sellette

Les Bellilois iront-ils de nouveau aux urnes pour Žlire leur

conseiller gŽnŽral ? C'est ce que l'on peut penser aprs avoir

entendu les conclusions de Jean-Franois Co‘nt un des

commissaires du gouvernement du tribunal administratif de Rennes

qui s'est penchŽ hier sur la rŽgularitŽ de l'Žlection d'Yves

Brien lors des cantonales de Belle-Ile.

 

Le problme vient du Palais. Le dŽpouillement y a eu lieu dans

la salle de spectacle du centre d'animation et de loisir. Mais

dans deux endroits diffŽrents. Dans la selle elle-mme il y

avait des tables avec les scrutateurs et le public. Les

Žlecteurs pouvant circuler autour. Mais les membres du bureau

n'y Žtaient pas. Ils Žtaient sur la scne nettement surŽlevŽe.

Et c'est sur la table qui y Žtait situŽe qu'ont ŽtŽ apportŽes,

et vidŽes, les urnes et que les bulletins ont ŽtŽ regroupŽs par

paquets de cent.

 

Du fait de la configuration des lieux, de la difficultŽ d'accs

(deux escaliers latŽraux Žtroits et pentus), de l'encombrement

de l'espace, de la prŽsence d'Žlus, d'employŽs municipaux, le

commissaire a estimŽ qu'elle Žtait pratiquement inaccessible au

public Ç et de nature ˆ favoriser des manoeuvres dans le

dŽpouillement. È

 

Mis en dŽlibŽrŽ le jugement sera rendu le 22 mai.

Ouest-France

 

 

 

 

   Le TŽlŽgramme (internet) :

 

 

 

 

LE JUGEMENT DEVAIT ĉTRE RENDU LE 22 MAI.

 

Aprs lĠaudience du 13 mai, M. Brien a fourni des tŽmoignages attestant que lĠaccs ˆ la scne Žtait possible, ce qui, selon Jean Daumas-BŽdex, nĠintroduisait pas dĠŽlŽment nouveau.

 

 

 

LE JUGEMENT A ƒTƒ RENDU LE 28 MAI 2008 :

 

Le tribunal nĠa pas considŽrŽ que les faits sur lesquels sĠappuyaient les deux requŽrants et le Commissaire du Gouvernement Žtaient de nature ˆ nuire ˆ la sincŽritŽ du scrutin.

 

Il a donc rejetŽ les conclusions de Jean Daumas-BŽdex, celles de Jean-Claude Bridier, qui demandaient lĠannulation de lĠŽlection cantonale.

 

Il a aussi rejetŽ les conclusions de M. Brien, qui demandait 2 000 (deux mille) euros ˆ chacun des deux Ç requŽrants È.

 

 

 

26 JUIN 2008

 

Les deux Žlecteurs ont dŽcidŽ de faire appel de ce jugement devant le Conseil dĠƒtat.

 

Ils demandent :

 

1) lĠannulation du jugement du 28 mai 2008 par lequel le tribunal administratif de Rennes a rejetŽ leur protestation dirigŽe contre les opŽrations Žlectorales auxquelles il a ŽtŽ procŽdŽ le 16 mars 2008 pour lĠŽlection du conseiller gŽnŽral du canton de Belle-Ile-en-Mer.

2) lĠannulation de lĠŽlection de M. Yves Brien.

 

L'appel porte sur la procŽdure et sur le fond.

 

Selon la rgle en matire Žlectorale, le Conseil d'Etat devrait rendre sa dŽcision dans un dŽlai maximum de 6 mois.