analyse du cahier des charges

 

pour la future DSP

 

 

Sur la FORME

 

Pas de consultation des usagers malgrŽ les promesses

Pas de prise en compte du livre blanc du RITM

Quel a ŽtŽ le r™le du Conseiller gŽnŽral local dans lÕŽlaboration du document?

Chapitre 2 page 17 sont ŽvoquŽes les Ç demandes et besoins exprimŽs par les usagers insulaires È, (qui a parlŽ en leur nom ??)  ˆ savoir   Ç augmenter la capacitŽ offerte pour le transport des vŽhicules lŽgers et amŽliorer la desserte des marchandises courantes È.

La rŽponse ˆ ces demandes consiste pour le Conseil GŽnŽral ˆ  : Ç limiter le nombre de camions et mettre en place un service rŽnovŽ de transport des marchandises È

 

sur le Fond

 

DƒSENGAGEMENT maximum DU CONSEIL GƒNƒRAL

 

Le CG se rŽfre ˆ la LOTI (loi dÕorientation des transports intŽrieurs) art 48-1  (JORF 28 fŽvrier 2002)É. pour justifier sa volontŽ de dŽsengagement :

Ç les transports maritimes rŽguliers publics de personnes et de biens pour la desserte des ”les sont organisŽs par le dŽpartement É Ils sont assurŽs par la collectivitŽ organisatrice ou des entreprises publiques ou privŽes È

Le CG commente : Ç un service public de transport est de nature industrielle et commercialeÉ il nÕa de lŽgitimitŽ, sur le plan juridique, que sÕil y a carence de  lÕinitiative privŽe È il constate que cÕest le cas ici et il prŽcise Ç le service public de transport ne doit pas faire concurrence au privŽ È.

Le document est limpide sur ce point :  lÕobjet de la dŽlŽgation est bien de Ç Garantir la continuitŽ de la desserte È en supplŽant aux carences ou insuffisances du privŽ ou en cas de dŽfaillance du privŽ. Le type de dŽlŽgation est un affermage – comme prŽcŽdemment (investissement seul ˆ la charge de la collectivitŽ publique)

Est ŽvoquŽe la possibilitŽ dÕobligations de service public pour le transport des marchandises (ce qui fait penser au projet Gerbeno connu en janvier 2007!!).

 

Ce dŽsengagement se traduit par :

 

1 le Transfert de la presque totalitŽ des charges sur le dŽlŽgataire

 

Les charges conservŽes par le CG  se limitent ˆ des dŽpenses dÕinvestissement : il nÕassurera plus les grosses rŽparations.  Il ne paiera que

- les modifications imposŽes par lÕŽvolution de la rŽglementation,

- les amŽliorations voulues par le propriŽtaire ou adaptŽes ˆ nouvelle mission,

- le remplacement moteur principal ou groupe Žlectrogne en fin de vie.

 

Tout le reste est ˆ la charge du dŽlŽgataire, ce qui correspond ˆ un cožt de fonctionnement trs important qui devra tre couvert par les recettes.

A savoir : gestion et maintenance des matŽriels mis ˆ disposition (chariots – matŽriel informatique), dŽpenses diverses de fonctionnement, maintenance des navires – qui doit tre Ç de qualitŽ È (avec visites de contr™le, calendrier des interventions, stock de pices de rechange, propretŽ parfaite des bateaux et des gares), maintien des conditions des classifications  vŽritas,  entretien des immeubles identiques ˆ celles qui sont ˆ la charge dÕun locataire, assurancesÉ. (et entretien des ratons laveurs !!!!!!!).

Le CG se donnera aussi un droit de regard sur les navires appartenant au dŽlŽgataire avec un souci de prŽserver la qualitŽ.

 

 

2 la disparition de la subvention dÕŽquilibre (en principe)

 

Le dŽlŽgataire assume les risques et pŽrils financiers,

Ç Sa rŽmunŽration est assurŽe principalement ou en totalitŽ par les recettes perues auprs des usagers È. Est cependant ŽvoquŽe lÕÇ hypothse È o le dŽpartement Ç serait appelŽ ˆ verser au dŽlŽgataire une participation financireÉ. È : dans ce cas la transparence du compte dÕexploitation est nŽcessaire et une sociŽtŽ ad hoc devra tre dŽdiŽe ˆ lÕexŽcution du service dŽlŽguŽ.

 

 

3 par voie de consŽquence : une politique tarifaire ad hoc :

 

On lit dans le rapport de la commission – ˆ laquelle participaient les conseillers gŽnŽraux de Belle-Ile (Y. Brien), de Groix (D. Le MarŽchal) et de Quiberon (G. Pierre) :

JusquÕˆ prŽsent Ç on pratiquait des prix trs bas sans lien avec le prix de revient È - en particulier pour les camions et marchandises : les pertes de recettes Žtaient compensŽes par des subventions dÕŽquilibreÉil sÕagissait, en quelque sorte, dÕune aide indirecte ˆ  la vie insulaire È. Ç Nous avons le devoir de recrŽer les conditions dÕun libre marchŽ, le tarif reflŽtant le prix de revient rŽel, tout au moins pour les transports qui entrent dans le champ de la concurrence È.  (Rapport 3me trimestre 2006 page 157)

 

En effet :

la quasi-totalitŽ des prestations entrEnt dans le champ concurrentiel

 

Deux services : Le service principal qui couvre les Ç besoins fondamentaux È,

Le service complŽmentaire qui concerne les vedettes pour le tourisme.

 

Le service principal se dŽcompose en un Ç service de base È et un Ç service distinct, dŽdiŽ uniquement au transport des marchandises sur palettes et assimilŽs È (objets et colis divers). Quant aux Ç marchandises lourdes È, elles Ç relvent pour leur part du secteur concurrentiel È (actuellement TMC)

 

LE SERVICE DE BASE

 

Il concerne le transport des personnes, voitures, camionnettes de moins de 3,5T, 2 roues.

et  les seules marchandises suivantes : denrŽes pŽrissables en camions rŽfrigŽrŽs ou conteneurs frigorifiques, le courrier et les colis postaux, les produits pharmaceutiques.

 Ç Les autres produits devront tre acheminŽs par dÕautres moyens (cabotage privŽ ou service de transport sur palette) È

 

TARIFs du service de base

Page 4 du document-programme, une seule directive :

Ç les prestations entrant dans le champ concurrentiel ne devront pas tre facturŽes ˆ perte, cÕest-ˆ-dire que les tarifs correspondants ne devront pas tre infŽrieurs au prix de revientÈ. Ç Une plus grande latitude sera possible pour les autres prestations È. 

(Le dŽlŽgataire doit proposer une grille tarifaire pour 2008 et une formule dÕactualisation des prix chaque annŽe.)

 

A  Tarifs passagers et vŽhicules :

 

¥ Seuls 2 types dÕusagers : les insulaires et les rŽsidents secondaires Žchappent au champ concurrentiel. MaisÉ ils nÕy Žchappent pas compltement, on va le voir

 

insulaires : ( 5650 cartes dŽlivrŽes en 2007)

Le tarif a ŽtŽ fixŽ en 2001 et augmente en fonction dÕune formule Ç Žtablie en fonction de la hausse du cožt de la vie, de l'Žvolution du cožt de la main d'Ïuvre, et de l'Žvolution du prix du gazole È.

 

Dans le nouveau contrat, le tarif insulaire sera indexŽ sur le tarif Ç pleinÈ : il sera  Ç dÕenviron È Ç 20% des tarifs pleins È  (donc plus ou moins).

 

ce qui donnera (en se basant sur 20% - ni plus ni moins) :

On entrevoit aussi un lissage de tous les tarifs spŽciaux sur ce pourcentage alors quÕactuellement le billet insulaire est ˆ 17,9% du tarif haut et le passage voiture insulaire est ˆ 14,32% du tarif haut

 

Passager 

En 2007 le billet passager est ˆ 2,28 Û ce qui correspond ˆ 17,9 % du tarif plein

On passera en 2008 de 17,9% du tarif plein ˆ 20% pour les insulaires soit  ˆ 2,54 Û  au lieu de 2,28 Û

                  augmentation de 11,62 %,

 

Voiture CatŽgorie 1

Tarif insulaire : 8,14 Û Aller         soit 14 % du tarif plein actuel

Dans le nouveau contrat : 20% du tarif plein soit 11,36 Û

                       augmentation de 40%

 

Voiture CatŽgorie 2 :

Tarif insulaire 10,58 Û Aller     soit 15,43% du tarif plein

Dans le nouveau contrat : 20% du tarif plein soit 13,70 Û

                  augmentation de 29,56%

 

 

rŽsidents secondaires et enfants de rŽsidents   (5663 cartes en 2007+ 2338 enfants de rŽsidents).

 

Dans le nouveau contrat, le tarif sera  Ç sensiblement le double des tarifs insulaires È soit Ç sensiblement È 40% des tarifs pleins  (donc plus ou moins).

(les prix ci-dessous sont calculŽs hors cožt de rŽservation qui est de 6,45 par traversŽe pour les voitures et 0,96 par traversŽe pour les passagers) 

Passager :

Actuellement :    Aller  4,73 Û    soit 37,15 % du tarif plein

Dans le nouveau contrat : on passe de 4,73 Û ˆ 5,09 Û

                       augmentation de 6,04%

 

Voiture :

Actuellement : catŽgorie 2    Aller 23,07 Û              31,57 % du tarif plein (73,06 Û)

Dans le nouveau contrat : on passe de 23,07 Û ˆ  29,22 Û

                       augmentation de 26,67%.

 

Les autres usagers entrent dans le champ concurrentiel et paient un Ç tarif plein modulable selon les saisons È.

 

ce qui est particulirement dangereux :

 

- Comme le tarif plein est Ç modulable selon les saisonsÈ, il restera un tarif thŽorique, peu appliquŽ en rŽalitŽ, sauf en quelques pŽriodes et pour certaines catŽgories dÕusagers, mais surtout destinŽ ˆ calculer celui des insulaires.

 

- Les tarifs pleins servant de base au calcul des tarifs insulaires et rŽsidents secondaires seront recalculŽs tous les ans selon une formule que le dŽlŽgataire doit Žtablir – suivra-t-elle le cožt de la vie ? 

 

On note quelques dispositions complŽmentaires :

les cartes dÕinsulaires seront dŽlivrŽes sur propositions des collectivitŽs

la tarification est dŽgressive pour voyages frŽquents

les tarifs doivent tre les mmes sur toutes les dessertes pour une mme prestation.

 

En 2008 il ne devra pas y avoir dÕaugmentation sensible par rapport ˆ 2007. Oui, maisÉ

Au 1/1/2007 les tarifs avaient augmentŽ de 6,6% ce qui Žtait considŽrable.

On prŽpare ainsi la future grille tarifaire sur la base de tarifs 2007.

 

B tarifs camions : ils entrent tous dans le champ concurrentiel

le tarif normal sera le tarif haut 

le tarif bas sera appliquŽ au camion de frais aprs vŽrification du contenu au dŽpart

 

 

le service distinct

 

 

LE CG Ç envisage È ce service nouveau Ç pour libŽrer de lÕespace, et offrir un service de meilleure qualitŽ È. Il concerne le transport de tous les produits autres que le frais, le courrier et la pharmacie, sur palettes ou sous forme de colis

Le dŽlŽgataire a toute libertŽ pour inventer la formule, trouver un bateau, envisager Žventuellement un partenariat avec autres opŽrateurs, un dŽpart Žventuel dÕautres ports

Ce service est-il dŽjˆ dŽfini par les candidats ? Sinon que se passera-t-il au 1er janvier

 

les TARIFs de ce service entrent dans le champ concurrentiel

La prix seront libres pour toutes les marchandises transportŽes en camions ou en palettes - sauf le frais.

On ne peut pas imaginer quÕil y ait une vraie concurrence avec TMC – de fait TMC et le futur dŽlŽgataire ne transportent pas les mmes choses, et une entente est facile avec un privŽ pour se partager le marchŽ donc ne pas se faire concurrence.

CONSƒQUENCE :  Les prix seront rŽpercutŽs sur les consommateurs : DÕO UNE augmentation gŽnŽralisŽe de tous les prix

Question : pourquoi le yaourt serait-il moins cher ˆ transporter que le paquet de nouilles ???

NB Il serait nŽcessaire de recenser les types de camions qui passent et considŽrer quel sera leur sortÉ(quid des camions Collin ?)

 

AUTRES REMARQUES

- Aucun contr™le sur la nature et le volume du service complŽmentaire (vedettes ˆ passagers) laissŽ ˆ la discrŽtion des entreprises. 

- Petit cadeau maintenu : le tarif insulaire sera pratiquŽ sur les vedettes du service complŽmentaire.

- Les rotations hivernales sont toujours de  5,2 par jour du 6 janvier au 15 mars  donc rien de plus  (donc toujours pas de bateau ˆ 8h)

 

conclusion 

Les conditions de la future dŽlŽgation confirment la volontŽ du dŽpartement de privatiser le transport des marchandises. De plus, le dŽlŽgataire, ˆ qui on laisse la charge de la presque totalitŽ des dŽpenses, devra trouver son Žquilibre financier et faire des bŽnŽfices. ConsŽquences : une augmentation incontr™lable de tous les tarifs insulaires et tarifs rŽsidents secondaires et enfants dÕinsulaires (qui suivent en pourcentage les tarif pleins), et une augmentation de presque tous les tarifs marchandises.

Le DŽpartement l‰che ses ”lesÉ qui pourtant lui rapportent (beaucoup).